Projections #10 – La ville pour horizon

Introduction de Laurence Boudart sur les Passagers urbains d’Alice Piemme

Ces voix sont celles d’un homme, d’une femme que l’on pourrait reconnaître à l’aune de leur évanescence. Ces ils et ces elles, la ville les a lissés, aspirés, absorbés. Elle les a rendus fugitifs, des fuyards au cœur d’un intra-muros urbain. Tous sont là, présents et absents à la fois, happés par la mécanique de l’attrait-rejet que l’on ressent face à la ville en gardant toujours présent le fantasme de l’ailleurs-c’est-mieux-qu’ici, là où l’herbe est forcément plus verte qu’entre ces tours de bétons qui se sont laissées berner par le cristal. Illusion du meilleur, du ciel, de l’espace.

La ville ne serait-elle finalement qu’une fiction, écrite parmi les flashes aveuglants du réel ?

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